Monsieur le Ministre,

Je vous écris afin de vous faire part de mes vives inquiétudes concernant le sort des demandeurs d’asile, réfugiés et migrants qui se trouvent en Hongrie, mais aussi à la frontière hongroise.

Il y a environ un an, les autorités hongroises ont érigé une série de barrières physiques et légales à travers le pays, afin de dissuader les réfugiés et migrants de traverser ou demander l’asile en Hongrie. La seule manière d’entrer légalement et de demander l’asile dans le pays se fait à travers des « zones de transit » à la frontière. Seules 30 personnes y sont admises par jour ; les milliers d’autres attendent désespérément dans des conditions insalubres dans les camps à la frontière, ou dans des centres surpeuplés en Serbie. Face à de telles restrictions, après des mois d’attente, beaucoup choisissent de traverser la frontière illégalement. Ils sont arrêtés et immédiatement expulsés, sans aucune considération concernant leur vulnérabilité ou leurs besoins en protection.

La grande majorité des demandeurs d’asile qui ont pu entrer en Hongrie sont détenus dans des centres, le plus souvent dans des conditions exécrables. De plus, les procédures d’asile sont lentes et pleines d’obstacles administratifs. Ce système a volontairement été établi pour dissuader les demandeurs d’asile et les migrants de venir dans le pays.

En définitive, les autorités hongroises violent de manière flagrante les droits humains, les droits des réfugiés, les directives européennes relatives aux procédures communes pour l’octroi et le retrait de la protection internationale, les conditions d’accueil et le règlement de Dublin.

J’exhorte donc la Belgique et les autres pays membres de l’Union européenne à :
- stopper le transfert des demandeurs d’asile vers la Hongrie, étant donné les mauvaises conditions d’accueil, l’inefficacité du système d’asile et le véritable risque de refoulement vers la Serbie, la Macédoine, la Grèce ou encore la Turquie, des pays étant considérés comme pays tiers sûrs ;
- soumettre une proposition raisonnable au Conseil européen concernant l’activation d’un mécanisme de prévention prévu par l’article 7(1) du Traité sur l’Union européenne (TUE), au vu du risque évident de violations graves des valeurs référencées dans l’article 2 du TUE concernant « le respect de la dignité humaine (…) et le respect des droits humains ».

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma haute considération.
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Hongrie : Là où les droits des réfugiés n’existent pas
À l’attention de M. Didier Reynders, Ministre des Affaires étrangères du Royaume de Belgique
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